Je croyais avoir toujours vingt ans, j'en avais gardé l'esprit et le coeur, quand le miroir me renvoya l'image d'un étranger aux cheveux blancs, aux traits marqués par l'âge, la fatigue, qui me fit ce reproche:
-Regarde toi. Pourquoi t'obstiner à paraître encore dans un monde qui n'est plus le tien, où tu n'as plus ta place ? Tu n'y serais que ridicule.
Si tu veux retrouver tes vingt ans, souviens-toi de tes amis qui eurent vingt ans avec toi quand passait l'ombre de la guerre, et de celui qui, de tous, vous fut le plus cher.
Jean Lartéguy