On ne peut parler du 1er régiment de chasseurs parachutistes sans évoquer cette douloureuse mais oh combien glorieuse page de son histoire. D'ailleurs cette page de l'histoire des parachutistes a été largement commentée dans une abondante édition de livres sur le sujet.
En 1947, l'état major décide d'envoyer en Indo une demi brigade de marche parachutiste. Cette demi brigade est composée entre autre, du 1er et 3eme bataillon du 1er RCP.
déjà en 1946 il y avait des éléments du 1er en Indochine, la compagnie Charvet par exemple. Cette demi brigade arrive en janvier 1947 en Indochine où elle est aussitôt engagée à Haiphong pour dégager et protéger la voie ferrée Haïphong-Hanoï .
pendant 2 ans ces deux bataillons vont enchaîner opérations sur opérations. En janvier 1949 les préparatifs du départ sont effectifs.
C'est maintenant au tour du 2eme bataillon présent en Indochine depuis octobre 1948 de prendre la relève.
" des compagnies en partance pour l'Indochine ont souvent transités par le camp d' Idron "
le 1er RCP 1947/1949.
le 3eme bataillon ( 3/1 RCP )
chef de corps: chef de bataillon Fossey-Francois
adjoint: capitaine Guiard
major: capitaine Gauthier puis lieutenant Didier
OR: lieutenant Leclercq
adjoint: lieutenant Segretin
médecin: capitaines Martin puis Caphas
aumonier: s/lieutenant Jego
adjudant de bataillon: adjudant/chef Henry
compagnie de commandement:
lieutenant Tholly puis capitaine Penduff. adjoint: lieutenant Benoit.
Toujours prendre mille précautions pour progresser, l'ennemi invisible, au dernier moment va se dévoiler. il disparaîtra aussi vite après l'accrochage , en fait il y aura peut de batailles en ligne pendant la guerre d' Indochine, l'ennemi préférant le harcèlement au combat direct. La meilleure illustration de cet état de fait étant la catastrophe de la RC4 en octobre 1950 où pendant l'évacuation de la forteresse de Cao Bang, vingt bataillons ennemis, tapis dans la jungle, guettent les soldats Français, les harcelants sans cesse. Après quinze jours de combats autour de Dong Khê, 6000 soldats français sont anéantis, dont le 1er B.E.P qui tentait de forcer le passage de la source ( défilé de Coc Xa )
bien sur, il y aura des moments dans cette guerre d'Indochine où l'ennemi acceptera le combat direct. La plupart du temps il s'y cassera les dents, mais en 1954, il décide d'affronter les français dans un endroit où ils sont en train de construire le plus important camp retranché d'Indochine ( opération castor ), cet endroit s'appelle Muong Thanh. Muong Thanh est le nom laotien du village de ....... Diên-Biên-Phu.
glossaire. RC4..... route coloniale numéro 4, surnommé la route sanglante. Elle se trouvait au fin fond des montagnes du Tonkin, le long de la frontière de Chine. Cette route avait pour but de relier entre elles les places fortes de Lang Son ,Na Cham , That Khé , Dong Kké , Cao Bang.
B.E.P....... bataillon étranger de parachutiste, ( la légion ) , dans ce bataillon que des noms célèbres, comme Louis Stien, Jeanpierre, Faulques, Chauvet, Resner, Hippert, Saint Etienne, Bouyssou, Hochart, Savella, Vraux, et bien d'autres.
Coc Xa....endroit où la colonne Lepage qui devait se porter au secours de la colonne Charton qui venait d'évacuer la forteresse de Cao Bang s'est laissé encercler par l'ennemi après plusieurs jours de marche harassante et de harcelement meurtrier. C'est le 1er B.E.P qui tenta le premier de forcer la seule sortie possible, le passage de la source. compagnie aprés compagnie le B.E.P est anéanti.
Les autres bataillons tentent à leur tour de forcer le passage, l'itinéraire est jalonné par les cadavres du B.E.P, la troué sera enfin faite et la route du repli ouverte, mais des colonnes Charton et Lepage, dans quelques jours il ne restera plus rien, pour les plus chanceux se sera la captivité dans les camps viets, (mais peut on parler de chance), pour les autres, la mort mettra fin a leur calvaire, très peut réussiront a rejoindre les lignes française.
et comme si cela ne suffisait pas, l'état major va larguer un autre bataillon para pour porter secours aux colonnes en difficulté, le groupement du capitaine Cazaux. il n'en reviendra pas non plus. Sur les milliers d'hommes engagés dans cette opération (opération Bayard) à peine 700 parviendront à rejoindre les lignes françaises.
Pendant environ 18 mois il n'y aura plus en Indochine d'unités du 1er RCP. mais en 1952 la situation se dégrade et nécessite l'envoi de renfort.
le 2/1 RCP (ex 10eme BCCP) embarque sur le Pasteur à destination de l' Indochine au mois de novembre 1952.
Évacuation de blessés par hélico après un accrochage. Luxe suprême à l'époque dans ces contrées lointaines. Autrement il fallait transporter les blessés sur des kilomètres et des kilomètres, dans des conditions inhumaines, aussi bien pour les porteurs que pour les blessés eux mêmes. L' hélicoptère était donc synonyme de survie.
le commandant Brechignac
commandant le 2/1 R.C.P a DBP.
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Le 20 novembre 1953, dans le cadre d'une opération de routine, deux bataillons de parachutistes s'emparent d'un petit village du haut Tonkin: DIEN-BIEN-PHU.
dans les semaines qui suivent, d'autres unités, parachutistes, tirailleurs, artilleurs, légionnaires viennent prendre place au sein de ce qui devient l'un des plus important camp retranché d'Indochine.
Peu avant noël 1953, Giap, le général vietminh, envisage de mener a DIEN-BIEN-PHU la bataille décisive. Navarre, le commandant en chef, accepte le combat.
Ce combat s'engage le 13 mars 1954. il durera cinquante sept jours, au bout desquels à bout de munitions, coupés de tout, les derniers défenseurs français cessent le feu.
au plan stratégique, DIEN-BIEN-PHU n'est pas un événement essentiel dans la campagne militaire d'Indochine.
Et pourtant, depuis 1954, ces trois syllabes, qui ont amené la France à négocier, sont devenues le symbole de la fin des grands empires coloniaux.
( texte d' Erwan Bergot )
Après diverses opérations, le 2eme bataillon s'envole vers son destin. entre le 1er et 5 avril 1954, le 2/1 RCP est parachuté sur le camp retranché de Dien Bien Phu. avec les autres unités parachutistes et la légion, il va jusqu'au 7 mai tenir en haleine le monde entier. pourtant les centres de résistance ( CR ) et les points d'appuis ( PA ) baptisés de prénoms féminins, "Éliane , Claudine, Isabelle , Béatrice " pour ne citer qu'eux, tombent les uns après les autres , malgré les furieuses contre-attaques où les parachutistes se battent contre un adversaire 10 fois plus nombreux. Au matin du 7 mai 1954 l'ennemi est en mesure d'envahir le centre principal de résistance. - il n'y a plus d'unités en mesure de combattre, plus de munitions, des milliers de blessés sont entassés dans les abris. le 2/1 RCP, comme les autres bataillons paras est anéanti.
A 17 heures ce 7 mai 1954, la bataille de Dien Bien Phu est terminée. elle aura duré 57 jours durant lesquels de nombreux bataillons auront été décimé. - Bien évidement, cette bataille comme tous les combats d'Indochine mérite que l'on s'y attarde et je vous conseil de lire quelques uns des ouvrages traitant du sujet.
Cessez le feu écrit par le lieutenant colonel Bigeard au lieutenant Allaire le 7 mai 1954 a Dien Bien Phu sur Éliane 3. "cessez le feu a 17 heures 30, ne tirez plus, pas de drapeau blanc, à tout à l'heure, pauvre 6, pauvres paras"
le général Bigeard a eu la gentillesse de me réécrirecet ordre de cessez le feu si longtemps après la bataille.
nota: pauvre 6, est bien sûr une pensée pour son bataillon englouti dans la bataille. ( 6eme BPC )
Cette photo a fait le tour du monde, elle représente quelques uns des commandants des bataillons paras engagés a DBP.
de gauche a droite , Botella 5eme BPVN ( le bawouan ) Bigeard 6eme BPC Tourret 8eme choc. Langlais et Seguin-Pazzis. . manque à gauche , Guiraud.
( mars 1954 ) DBP point d'appui "Claudine"
le 2eme bataillon du 1er RCP ( 2/1 RCP ) sur Éliane 2. ( DBP )
"dernière conversation radio entre le camp retranché de DBP et Hanoï le 7 mai "
Mon général, l'ennemi borde la nam youn ( la rivière ) toute sortie est condamnée a l'échec total. un nouveau combat de nuit aboutirait au massacre des milliers de blessés entassés dans les abris. il faut cesser le combat . alors le général Cogny de son bureau d' Hanoï , la voix brisée par l'émotion ordonne le cessez le feu.
Carte avec les insignes des unités ayant participés a la bataille de DBP. on remarque en bas un petit mot de Geneviève de Galard, prisonnière des Viets elle fut libérée le 25 mai 1954. Geneviève était infirmière convoyeuse de l'armée de l'air. Elle fut contrainte de rester dans le camp retranché après la destruction de son avion et de la piste d'aviation. Elle s'occupa alors pendant tout le temps de la bataille des blessés avec un dévouement sans faille. A son retour en France elle reçut la légion d'honneur et la croix de guerre avec palme. ( en fait , elle reçut ces distinctions a DBP mais le colis contenant les précieuses médailles tomba chez l'ennemi )
En 1954 sur un effectif total de 32 convoyeuses de l'air, une douzaine seulement est affectée en Indochine.
le 28 mars 1954 Geneviève de Galard part pour un nouveau décollage avec l'équipage du commandant Blanchet, le commandant en second du groupe de transport Béarn , ils arrivent vers 5 heures 45 au dessus de Dien-Bien-Phu , la visibilité est trés mauvaise et l'avion sera endommagé a l'atterrissage empêchant l'avion de redecoller avec son chargement de blessés. l'avion sera définitivement détruit par l'artillerie ennemi le lendemain, laissant a Geneviève le privilège d'être la seule femme du camp retranché. Après les terribles combats du 31 mars, le vietminh contrôle la piste d'aviation et désormais, plus personne ne pourra quitter Dien-Bien-Phu.
A l'époque en Indochine il y avait 4 groupes de transport : le Franche-Comté , le Béarn , le Sénégal , et l'Anjou. le groupe Sénégal était commandé par le commandant Louis de Saint Marc , le frère d'Hélie de Saint Marc.
les convoyeuses de l'air volaient sur C47 ( Dakota ) ou JU52 ( Junker ) surnommé la Julie.
Monument élevé a DBP par le légionnaire Rolf Rodel en souvenir de la bataille.
le mémorial de Fréjus: aux morts d'Indochine 1939/1956.
sur le terrain Gallieni, là même ou venaient s'entraîner les soldats avant leur départ pour l'Indochine, s'élève désormais une enceinte de 110 mètres de diamètre, le mémorial des guerres en Indochine, un vaste cimetière abritant plus de 27000 corps.
c'est en 1993 que le président de la république française, François Mitterrand inaugurait cette nécropole du souvenir.
Obséques du général de Castries, qui avait commandé le camp retranché de Dien-Bien-Phu, pendant toute la bataille.
le général Christian de la croix de Castries est décédé à l'age de 88 ans, il était né le 11 aout 1902 à Paris dans une famille comptant depuis plusieurs générations des militaires de haut rang, dont un maréchal de France sous Louis xv.
Aux invalides, toujours pour les obséques du général de Castries. A coté du général Schmitt c'est Lucien Grosboillot ( en costume civile bleu clair )
Lucien Grosboillot a été engagé dans la guerre d'Indochine, voir ci dessous un extrait de son parcours.
Images d' Indo ( collection privé )
Dans les années 50 , un patrouille dans les riziéres de Ninh-Bihn. outre l'ennemi il y avait aussi les sangsues , la dysenterie , le palu..............
Le 28 / 07 / 1953 , opération camargue.
Environ d' Hanoi en 1953. sans les copains rien n'était possible et combien ont porté sur leur dos le camarade blessé lui apportant ainsi la chance de survivre.
Plaine des jarres en 1953. tous ceux qui ont été en Indo n'ont jamais oublié ce pays si attachant . ils souffrent tous aujourd'hui du mal jaune , ce mal qui rend nostalgique et fait briller les yeux chaque fois que le mot Indochine est prononcé.
Avec les copains , noel 1953.
Premiers bléssés et premiers morts à Dien-Bien-Phu. Les blessés , pendant la bataille, il y en aura des milliers.
7000 tués et 15000 blessés chez l'adversaire, 80 pour cent des effectifs paras et légionnaire mis hors de combat chez nous.
Parmi ces horreurs, il y avait les médecins des battaillons qui ont fait un travail formidable, mais aussi ceux des antennes chirurgicales comme le médecin-commandant Grauwin, chirurgien du camp parmis d'autres.
Placé a coté du PC , l'antenne principale est double. L'une est dirigée par le médecin-commandant Grauwin , l'autre par le médecin-lieutenant Gindrey. Grauwin aurait du être rapatrié en France, son séjour étant terminé, mais il s'est porté volontaire pour rester , il en est pourtant à son 2eme séjour Agé d'une quarantaine d'années il sera l'homme de la situation. Gindrey lui, est un jeune chirurgien militaire totalement tourné vers son travail opératoire, comme grauwin il opére torse nu sous le rayonnement du scialytique, une énorme lampe servant à éclairer le champ opératoire. ( source Geneviève de Galard )
Il y avait aussi , outre l'antenne centrale , d'autres antennes a DBP , celle du médecin-capitaine Résillot sur Isabelle , celle du médecin-lieutenant Vidal au pied d'éliane 4 , et celle du médecin-capitaine Hantz au sud du PC du général de Castries.
il y avait aussi les médecins des bataillons qui ont fait aussi un travail formidable comme Patrice de Carfort du 8eme BPC, Rondy du 1er BEP, Madelaine du 2eme BEP , Rouault du 5eme BPV ( le bawouan ) c'est eux qui avec les infirmiers effectuent les actes de premiére urgence, sauvant les blessés d'une mort certaine. Sans oublier le médecin-capitaine Le Damany qui commandait l'infirmerie centrale du groupement mobile numéro 9 où étaient rassemblés les blessés à évacuer.
Evacuation sanitaire en hélico. les évacuations n'ont pas duré trés longtemps. Aprés la déstruction de la piste d'aviation et la main mise de la DCA énnemie sur le camp retranché, les bléssés furent entassés dans des abris souterrains qui au départ étaient presque confortable, mais qui au fil des jours et de l'afflux des bléssés (plusieurs milliers) se sont vite transformés en chambre d'horreur.
Mémorial de Dien-Bien-Phu en 1998 , le fils d'un ancien parachutiste qui a vécu la bataille se recueille en souvenir de ce combat qui pendant 57 jours a tenu le monde entier en haleine.
La maquette des positions des troupes pendant la bataille de D.B.P , faite par les vietnamiens et exposée au musée de Dien-Bien-Phu.
< FONT>
Photographie de Dien-Bien-Phu prise en 1998 depuis Eliane 2.
Eliane 2 a subit , comme toute les autres positions du camp retranché de furieuses attaques tout au long de la bataille, mais les viets, en ce début du mois de mai 1954 en font un objectif prioritaire et la position est attaqué de toute part . Le 6 mai a 23 heures, la position est dynamité, ensevelissant la 2eme compagnie du 1er BPC . A 3 heures du matin ce 7 mai 1954 Eliane 4 est investi et les PC de Botella et de Bréchignac ( 2/1 RCP ) cessent d'émettre. A 7 heures Eliane 4 sombre à son tour ainsi qu'Eliane 3.
l'armée populaire du Viet-nam a choisi Eliane 2 pour y élever le monument commémoratif de la bataille de Dien-Bien-Phu.
Ce qu'il reste du poste de commandement d' Eliane en 1998.
Le musée de Dien-Bien-Phu.
Le mémorial sur Eliane 2 , où l'on peut voir les insignes des régiments qui ont défendu le point d'appui , parmi ceux ci , bien évidement l'insigne du 1er RCP.
Photographie 2 , la tombe du soldat inconnu.
960 kilos de bombes ont explosé vers 20 heures 30 le 06/05/1954 sur le site de DBP , où plutôt ce qu'il en reste , le lendemain 7 mai , à 17 heures 30 l'ennemi prend possession des lieux et ce sera le début pour les survivants français d'une longue marche à la mort pour rejoindre les camps de prisonniers dont à peine un tiers en reviendrons.
Carte d'invitation pour la soirée de gala donné en l'honneur du 2/1 RCP , à l'occasion de son départ pour l'Indochine.